Il y a deux semaines j'ai été témoin d'une scène assez horrifiante dans le métro.

Pour vous mettre dans l'ambiance, imaginez l'homme des cavernes, à moitié vêtu de peaux, le torse velu et la mâchoire carré. Vous y êtes ? Ajoutez au décor un terrible hiver, des arbres noirs déchirants le ciel. Forcément, notre homme des cavernes a faim, terriblement faim, il n'a pas mangé depuis trois jours. Une traque, un lapin, une grosse pierre. Couic. Notre homme des cavernes courre à perdre haleine, pour se réfugier dans sa grotte. Quel festin, la chaire encore crue est lacérée par les canines affamées. La digestion sera difficile, mais qu'importe!

Quelques milliers d'années plus tard...

Une jeune femme potelée s'engouffre dans le métro, manquant de peu la dissection automatique des portes malignes. Après une rapide reconnaissance des lieux, elle se précipite au fond de la rame, pour être seule. A peine assise, elle plonge ses mains dans son cabas, et elle en ressort une canette de Coca-Cola. Un petit sourire furtif traverse ses lèvres. Tout en ouvrant le cylindre de 33 cl avec vitesse et dextérité, elle en approche ses lèvres qui rapidement forment un goulot hermétique. Les déglutissements sont rapides. Motel baiser qui a vidé la victime rouge en quelques secondes.

Témoin de la scène, je commence à esquisser les mots que je vais utiliser pour narrer cette histoire. Je me perds dans quelques tournures torturées, puis je regarde à nouveau la jeune femme.

Second choc.

Elle mâchait, que dis-je, elle faisant transiter dans son oesophage des mini sandwichs à une vitesse effarante. Mais ce qui m'a horrifié, c'était son regard sauvage, porteur d'une expression connue par tous depuis la nuit des temps : "Ceci est ma nourriture, si tu t'approches je t'attaque sans aucune hésitation".